Bien lire une feuille de course

« Pour poulains entiers, hongres et pouliches de 2 ans, n’ayant pas gagné une Listed Race et étant, soit nés et élevés en France, soit issus d’étalons ayant fait la monte en France en 2010, soit ayant couru en France dans une course à réclamer pour un prix inférieur à 38.000. »

Cette description de la réunion sonne pour vous comme un charabia incompréhensible ? Lisez ce qui suit !

Course-de-chevaux

Type de cheval

Dans l’exemple ci-dessus, nous voyons que vont courir des poulains entiers, des hongres et des pouliches ayant 2 ans. Autrement dit, la course du point de vue des chevaux ne réservera pas de grandes surprises. En effet, les 3 sont choisis pour leur calme relatif :

  • les poulains entiers (non castrés) ne sont pas encore très caractériels vu leur jeune age, et surtout comparativement aux étalons
  • les hongres (chevaux mâles castrés) sont plus doux et moins distraits par les autres chevaux
  • les pouliches (jeunes juments de moins de 3 ans) sont elles aussi relativement calmes, n’ayant pas encore de chaleurs

En somme, dans notre exemple ce sont des chevaux à caractère a priori facile et moins enclins à être perturbés par leurs congénères qui vont s’élancer : ce paramètre ne sera pas de nature à influencer la cote au turf. Le cas est plus compliqué avec :

  • des juments de 3 ans et plus, surtout si elles se trouvent en période ce chaleurs
  • des étalons, d’ailleurs réservés aux jockeys plus expérimentés à cause de leur caractère plus ombrageux

Regardez également l’âge des chevaux partants. Par exemple, il faut savoir :

  • qu’en plat, un cheval est jugé vieux à partir de 4 ans
  • en obstacles, ce sera plutôt 5 ans
  • en steeple-chase et cross-country, 6 ans

Cela ne veut pas dire que ne sont jamais organisées des courses en plat de chevaux de 10 ans, ni des courses d’obstacles de jeunes chevaux. Mais précisément : il s’agit de paramètres que le turfiste doit prendre en compte. Ainsi, des chevaux jeunes peuvent être plus calmes mais aussi manquer d’expérience, tandis que les plus âgés demeurent plus fiables mais risquent aussi d’être plus caractériels.

Méfiez vous aussi des événements où les partants ont de réelles différences d’âge : y a-t-il un risque que les plus jeunes se fassent devancer faut d’expérience et que les plus âgés s’essoufflent plus vite ? A vous de voir en fonction des fiches et des statistique des chevaux sur lesquels vous pariez.

Pur-sangEnfin, ne négligez pas le critère des différentes races :

  • purs-sang anglais, caractérisés par leur rapidité
  • purs-sang arabes, eux aussi rapides et endurants
  • tous les A.Q.P.S. (Autres Que Purs-Sang), ce qui inclus par exemple le selle français, moins rapide qu’un pur-sang en plat mais bien plus endurant en obstacles
  • « tous chevaux »

Niveau de la course

Cette donnée n’est pas la plus complexe à comprendre mais elle mérite que l’on s’y arrête. Certaines courses n’ont pas de niveau particulier, ce sont des rencontres « standard ». Mais d’autres correspondent à un niveau des partants et sont classées en plusieurs groupes :

  • Groupe 1, le meilleur et appelé « classique »
  • Groupes 2 et 3, les « semi-classique »

Il existe des courses de sélection qui déterminent quels chevaux peuvent prétendre accéder à l’un ou l’autre groupe. Les « listed races » en font partie.

Souvent, on lit aussi dans les feuilles de course « européenne » : cela signifie que les inscriptions admettent des concurrents européens. Le niveau de ces courses reste bon, et la principale difficulté des turfistes n’est autre que prendre connaissance des adversaires étrangers et d’estimer leurs chances au vu de leurs statistiques.

Enfin, un indicateur du niveau reste bien sûr les gains maximum des participants (« n’ayant pas gagné 100 000€ » par exemple). Plus ils sont élevés, plus les différences entre les chevaux peuvent s’avérer importantes. En effet, tandis que certains seront très proches de la limite, d’autres en seront bien loin et participeront uniquement parce qu’il faut bien courir. Là encore, c’est l’analyse des partants dans chaque cas qui aidera le parieur.

Conditions de départ

Départ à l'autostart

Départ à l’autostart

Il existe plusieurs façons de lancer le départ d’une course hippique :

  • Départ à l’autostart : les chevaux partent lancés après avoir couru derrière une voiture ayant 2 grandes ailes déployées. Le départ à lieu quand celles-ci sont rabattues. Certains chevaux s’illustrent mieux ici que dans d’autres modes. En outre, les meilleurs se placent rapidement en première ligne.
  • Boîtes de départ : les chevaux sont placés dans une structure métallique dont on ouvre toutes les portes en même temps. Ce mode classique peut rendre les chevaux inexpérimentés nerveux dans l’attente du départ.
  • Départ volté : les chevaux entrent perpendiculairement à la piste en file indienne, puis font 1/4 de tour sur eux-mêmes. Cette pratique typiquement française a le mérite de limiter leur stress.

Dans tous les cas, essayez de déceler quels sont ceux qui conviennent le mieux aux chevaux partants.

Eléments de la piste

Dans une feuille de courses, quelques détails sont livrés :

  • Nature de la piste : dans la plupart des cas, elle est cendrée et les concurrents en ont parfaitement l’habitude. Si par contre elle est en gazon, vérifiez les aptitudes de vos favoris sur un tel terrain !
  • Corde : c’est le sens dans lequel la piste tourne. « Corde à gauche » signifie qu’elle tourne à gauche, comme dans la plupart des hippodromes en France. Mais parfois, comme à Cabourg, elle tourne à droite. Certains chevaux sont meilleurs dans l’un ou l’autre sens…
  • Distance : tout comme les athlètes, certains chevaux sont plus à leur aise sur 2 100m (comme au Prix de Diane) que sur 4 000. Les statistiques correspondantes ont donc toute leur importance. A noter que la distance est souvent liée au mode de départ.

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