Paris hippiques et sportifs : quelles différences ?

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Rares sont les turfistes à s’aventurer dans les paris sur le basket ou le tennis. A l’inverse, on imagine mal un supporter du PSG se passionnant pour le Quinté+ : les univers et les règles n’ont a priori rien à voir. Peut-on en effet parier de la même façon sur l’un et l’autre ? Une comparaison est-elle trop forcée ? Voici quelques éléments de réponse.

Une fixation des cotes différente

Depuis la régulation du marché des jeux d’argent en France, telle est sans doute la principale différence :

  • Au turf, le pari est mutuel : les cotes (ou rapports) sont établies relativement au montant des mises des turfistes sur les différents chevaux.
  • Pour les paris sportifs, c’est le bookmaker qui fixe celles-ci, indépendamment du nombre d’enjeux sur telle ou telle issue et des montants engagés.

Sachez que le pari sportif peut également être mutuel. Pratique illégale en France, il s’agit du fameux « betting exchange » très prisé par les britanniques. L’ARJEL a décrété son interdiction car celui-ci comporte plus de risques d’addiction (10% des parieurs le pratiquant seraient concernés, contre 3% des joueurs « classiques ») et le taux de redistribution qu’il implique serait déloyal par rapport à celui des bookmakers traditionnels.

Turf

Prenons un exemple simple : une course PMU où seuls 3 chevaux partiraient. Imaginons que les parieurs aient misé 400€ sur le cheval n°1, 500€ sur le n°2 et 200€ sur le n°3 en simple gagnant.

  • Cote cheval n°1 = (mise cheval 2 + mise cheval 3) / mise cheval 1, soit 700/400 et donc 1,75
  • Cote cheval n°2 = (400+200)/500 = 1,2
  • Cote cheval n°3 = 900/200 = 4,5

Bien sûr, l’organisateur des paris les ajuste pour obtenir sa marge. Le PMU compte environ 20% sur la somme des enjeux. Autrement dit, pour le n°1 il prendrait 20% des 400€ (soit 80€) avant de faire le calcul : la cote serait ainsi de 700/320, soit 2,18.

ATTENTION : au turf, la fixation définitive des cotes a lieu après la course. Cela implique deux choses importantes :

  • la cote des chevaux au moment où vous pariez diffère plus ou moins légèrement de la cote définitive qui sera la même pour tous les turfistes. Une masse de joueurs importante minimise cette variation. En revanche, aux paris sportifs chacun est rétribué en fonction de la cote affichée au moment où il mise.
  • le live-betting est impossible au turf, en conséquence du point précédent. Au contraire, les livebets tiennent une place importante dans l’offre des bookmakers. Cela dit, un rapprochement avec les paris hippiques est possible pour certaines disciplines qui ne s’y prêtent pas : parier sur le 100m en direct n’aurait aucun sens. Vous pourrez cependant suivre les courses en direct pour voir si votre cheval a tenu ses promesses.

Sport

Cette fois, le bookmaker détermine la cote en toute liberté. Pour cela, il se fonde sur plusieurs critères :

  • statistiques des concurrents : leurs dernières performances, les situations favorables ou non (telle équipe perd quasiment toujours en déplacement, …), etc.
  • forme des joueurs (blessures, mental…)
  • météo
  • d’autres critères spécifiques au sport concerné (ex : le type de sol au tennis)

A ces différents éléments qui reposent sur l’analyse de données objectives, il faut ajouter le calcul de la marge du site ainsi que l’équilibre des mises. Vous en saurez plus en lisant notre article sur les cotes au pari sportif.

Vous pouvez également considérer la chose ainsi : les cotes au turf reposent plutôt sur les pronostics des turfistes, tandis que celles pour le sport se fondent elles plutôt sur les analyses du bookmaker.

L’homme et l’animal

D’un point de vue plus « philosophique », on peut considérer que pour le parieur, miser sur les performances d’un cheval et sur celle d’un sportif ou d’une équipe ne revient pas au même.

En effet, la prétendue « fidélité des bêtes » ne vaut pas forcément pour le turf. Il arrive souvent que des chevaux performants fassent faux bon aux joueurs et à leur jockey :

  • en étant effrayés ou indisciplinés au départ, ou encore en ratant celui-ci
  • en commençant à galoper lors d’une course de trot
  • sortie de piste, refus d’un obstacle, …
  • le cheval devient finalement non-partant (souvent pour cause de blessure), un cauchemar pour les turfistes devant revoir l’ensemble de leurs pronostics

On pourrait dire qu’au fond, ce ne sont que des bêtes, et qu’on ne peut attendre les mêmes choses de leur part que de celle d’êtres humains libres et raisonnables.

Cependant, ces derniers peuvent eux aussi être parfaitement imprévisibles et influencer la rencontre, à l’image du coup de boule de Zidane qui lui a valu le carton rouge en finale de Coupe du Monde. Choquée par ce geste, l’Equipe de France pourtant favorite face à l’Italie perdait aux tirs au but… De même, de bons coureurs peuvent multiplier les faux départs et être éliminés.

Cela étant, les imprévus arrivent plus fréquemment aux champs de course que dans les stades…

On notera aussi les disciplines équestres où l’homme et l’animal ne font qu’un. Le polo, par exemple, dépasse l’opposition entre les courses de montures et les performances du sportif, puisque les deux sont combinés. Cette difficulté explique-t-elle le caractère moins populaire de ce sport et l’absence de paris sur celui-ci ?

open de france 2007

L’analyse, le point commun

Qu’il s’agisse des paris hippiques ou sportifs, le parieur en revient toujours aux analyses des performances et des conditions de jeu :

  • les statistiques des dernières rencontres
  • les conditions favorables ou défavorables à certains sportifs ou chevaux
  • la forme des participants
  • les conditions météorologiques

Il est également intéressant de noter certaines similitudes entre les courses hippiques et certaines disciplines de l’athlétisme : finalement, les critères pour parier demeurent assez proches.

Plus généralement, la lecture régulière de la presse spécialisée reste très importante pour mieux miser dans l’un et l’autre cas.

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