Ferré ou non-ferré : comment mieux pronostiquer avec ce paramètre

Ferré / Non ferré : mieux pronostiquer

Le liste des partants d’une course signale toujours si un cheval courra déferré ou non, car cela impacte bien souvent le résultat… Découvrez dans cet article comment tirer le meilleur parti de ce paramètre trop rarement pris en compte par les turfistes !

Comprendre le ferrage / déferrage

Le fer à cheval est une protection en métal posée sur les sabots des chevaux pour éviter qu’ils s’usent. On dit d’un cheval qu’il est :

  • Déferré lorsqu’il court sabots nus
  • Ferré lorsqu’il court avec ses fers

Il existe plusieurs types de fers, les plus courants étant les fers acier-fonte (de 200 à 300 g environ) et les alu (de 100 à 200 g environ).

Fer en acier Sell et fer en aluminium Delacast

Pour préserver au mieux la sole des chevaux (la partie du pied, en corne, qui repose sur le sol), le cheval est déferré juste avant la course, puis referré juste après.

Pourquoi déferrer un cheval ?

D’une manière générale, le déferrage avantage les chevaux car le contact au sol est plus direct et l’animal profite mieux du ressort du terrain. Le déferrage ajoute de l’amplitude aux foulées. Certains chevaux peuvent de cette manière gagner jusqu’à 50 mètres sur une course de 2.500 mètres !

Pourquoi tous les chevaux ne sont-ils pas déferrés ?

Déferrer un cheval abîme les sabots sur le long terme, on ne déferre donc que pour les courses dont l’enjeu est suffisamment important. 

C’est donc un indice précieux pour les turfistes : lorsqu’un cheval court déferré, c’est qu’il court pour gagner !

En effet, le sabot du cheval est presque aussi sensible que nos plantes de pieds humaines : les fers sont comme des semelles qui préservent ses pieds.

Dans les courses de routine ou les épreuves de rentrée par exemple, un cheval restera généralement ferré. Dans d’autres – généralement les plus prestigieuses –, il courra déferré. La décision revient à l’entraîneur.

Les courses qui valent le coup pour un déferrage dépendent surtout de la classe du cheval. Pour ceux qui ont l’habitude courir en F, le déferrage sera envisagé pour prendre le départ d’une course D. Pour d’autres, ce sera pour les plus grandes occasions : Prix d’Amérique, Prix de l’Arc de Triomphe…

Le déferrage est-il vraiment un facteur de supériorité ?

La réponse est clairement oui : dans la plupart des courses, on remarque que les chevaux les mieux classés sont le plus souvent déferrés.

Voici un exemple typique avec l’arrivée du Grand National du Trot qui a eu lieu le 6 décembre 2015 à Vincennes :

Arrivée Grand National Trot Vincennes 2016

Grand National du Trot 2016 à Vincennes : les 6 premiers à l’arrivée sont déferrés des quatre pieds

Dans cette épreuve, sur 15 partants :

  • 12 déferrés
  • 8 déferrés des quatre pieds
  • 6 déferrés des quatre pieds aux 6 premières places !

Bien sûr, l’exemple ne fait pas la règle, mais vous pouvez vérifier vous-même et vous verrez que la plupart des courses à événements ressemblent à celle-là.

« Dans les grandes courses, tout le monde déferre, donc on n’a pas le choix, on est obligé de le faire. »

Photo du driver Franck Nivard

Franck Nivard

Rappelons-nous la déclaration du pilote-vedette Franck Nivard : « Dans les grandes courses, tout le monde déferre, donc on n’a pas le choix, on est obligé de le faire. »

La difficulté, dans ce genre d’épreuve, est de savoir dans quel ordre les déferrés vont arriver !

Pour s’en convaincre, on se souviendra simplement que Ready Cash était « déferré des quatre » quand il a remporté le Prix d’Amérique 2011 et 2012.

Prenons maintenant un autre exemple, là encore d’une course prestigieuse qui s’est d’ailleurs déroulée le même jour, le Grand National des Amateurs.

Voici les résultats :

Arrivée Grand National Amateurs : 1,2,3 et 4 déferrés

Grand National Amateurs 2016 : les 4 premiers à l’arrivée sont déferrés des quatre pieds

Bis repetita, quoiqu’un peu moins marqué.

Sur les 16 partants :

  • 11 sont déferrés
  • 8 sont déferrés des quatre pieds
  • Les 4 premiers à l’arrivée sont déferrés des quatre pieds

Cependant, on remarque que le favori (le n°16 Utiwit) n’était pas deferré. Comment le comprendre ?

Il suffit de regarder l’historique d’Utiwit. Voici sa musique pour 2015, avant cette épreuve :

(15) 0a 1a 2a 4a 1a 1a

Si vous ne comprenez pas cette notation, lisez mon article sur la musique.

En regardant les feuilles de courses, on remarque que ces très bons résultats ont tous étés obtenus avec de bons vieux fers aux pieds !

Voici un exemple, celui de sa victoire à Salon de Provence le 25 octobre 2015 :

Victoire d'Utiwit ferré à Salon de Provence 2015

Salon de Provence 2015 : victoire d’Udiwit, ferré

Dans cette épreuve de trot attelé, sur 15 partants, il y avait 8 déferrés, et notre Utiwit s’est offert le luxe de battre le favori Verano du Reynard… qui, lui, courait pieds nus !

Comment tirer le meilleur parti du déferrage ?

Les chevaux ne sont pas des machines mais des êtres vivants. Ils ont leurs spécificités propres et il serait idiot de parier mécaniquement sur les déferrés sans s’intéresser à l’historique de chaque animal.

Udiwit, dont on a vu l’exemple ci-dessus, en est la preuve vivante !

Son entraîneur a choisi de le faire toujours courir avec ses fers parce qu’il s’est aperçu qu’en les lui enlevant, il n’obtenait aucun avantage. Faisons toujours confiance aux bons entraîneurs, ce sont eux les vrais professionnels des chevaux…

Je n’ai qu’un seul conseil : jetez toujours un coup d’œil dans le passé du cheval. Certains chevaux, selon leur manière de courir, donnent davantage quand ils sont déferrés de l’arrière, ou quand il le sont de l’avant. Si un cheval est toujours déferré de l’avant, c’est parce que son entraîneur s’est aperçu qu’il avait les meilleurs résultats de cette manière. Préférer un cheval déferré de l’avant à un autre déferré de l’arrière n’a aucun sens dans l’absolu.

Une dernière astuce : certains sites fournissent aussi une précision : « déferré pour la première fois ». Mettons-nous une seconde à la place de l’entraîneur. Pourquoi déferrer un cheval qui ne l’a jamais été ? Parce que l’on pense que cela va améliorer sa performance, évidemment ! Cette information a donc plus de valeur que le simple « déferré des 4 » sur un cheval qui en a l’habitude. Un cheval déferré pour la première fois a forcément un potentiel plus important.

Pour résumer, comme il est de coutume, attachons-nous toujours à fouiller le passé de chaque partant pour essayer de trouver celui qui aura de bonnes chances de la gagner tout en étant sous-estimé par les parieurs et les pronostiqueurs, afin d’obtenir un bon rapport. Dans cette quête, le paramètre du déferrage (ou du non-déferrage) est une bonne piste.

Voilà pour quelques conseils d’initiation sur le déferrage de chevaux. Et n’oubliez pas la devise de MrFernand sur les pelouses des hippodromes de France et de Navarre : « Jouez intelligent, jouez content ! » À très vite sur CasaqueVerte.com !

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